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Di Cecco Simone

Simone Di Cecco est doctorant en sociologie à l’URMIS, sous la direction de Dominique Vidal et Camille Schmoll.

Contact :
esse.dicecco@gmail.com

Thèse en cours
Les transformations du travail migrant en temps de crise : inclusion différentielle, humanitarisme et utilitarisme en Italie

« Crise » et « Europe » sont deux termes qui apparaissent comme de plus en plus liés, déclinés selon une pluralité de discours qui traversent et structurent des pratiques et des dispositifs : "crise économique", et plus récemment "crise des réfugiés", "crise des frontières européennes"... S’entrecroisant et se signifiant mutuellement, ces diverses figures de la crise dépassent largement le champ discursif pour s’inscrire à l’intérieur de politiques, visant la restructuration du marché du travail tout comme la redéfinition des politiques migratoires, qu’elles contribuent à justifier et encadrer.
C’est dans ce contexte qu’émerge la construction médiatique et politique de la distinction entre le « bon réfugié » et le « mauvais migrant économique », qui tend à essentialiser les catégorisations produites tout en fonctionnant comme un véritable outil de séparation et de répartition des migrant.e.s au sein du plus vaste gouvernement des migrations contemporaines. Il devient alors légitime de s’interroger autour de la relation entre le travail migrant et les politiques d’asile.

Ma thèse en sociologie se donne pour objectif d’étudier les transformations du travail migrant contemporain, à partir de l’étude en perspective comparée d’un dispositif expérimental récemment mis en œuvre dans de nombreuses villes italiennes où les demandeurs d’asile se voient proposer d’exercer sous la forme du bénévolat des activités considérées socialement utiles. À la frontière entre la mise au travail et la logique humanitaire, ce dispositif montre les tensions inhérentes aux politiques de gestion de la mobilité internationale, et les interférences que ces dernières entretiennent avec les crises économique et migratoire que connaît l’Italie. Le bénévolat fournit à ce titre un point de départ dans l’étude de l’humanitarisme lorsque celui-ci s’exerce hors des camps de réfugiés et dans les frontières d’un État européen. Ce type de dispositif associant le principe du bénévolat à la demande d’asile fournit un point de départ pour explorer les formes différentiées, segmentaires et hiérarchisées qui traduisent la distribution de l’humanitarisme au sein du territoire national et son impact sur le travail migrant.

Diplômes antérieurs

  • 2011-2014 : Licence en Sciences Politiques – option « Sciences Internationales et Diplomatiques » (Université Roberto Ruffilli, Forlì-Bologne, Italie)
  • 2014-2016 : Master en Sociologie-Anthropologie – spécialité « Migrations et relations interethniques » (Université Paris Diderot)

Publications

  • Simone Di Cecco, "« Il doivent se rendre utiles à la société ». Les transformations du travail migrant en Italie : le cas des demandeurs de protection internationale", Recueil Alexandries, Collections Masters, août 2016, url de référence : http://www.reseau-terra.eu/article1369.html

Activités de recherche

  • Coorganisateur de l’atelier "Le logement, enjeu de luttes. Regards croisés Montreuil - Saint-Denis" (Montreuil, 6 décembre 2016), dans le cadre des ateliers itinérants Luttes de l’immigration, luttes antiracistes

Enseignement

  • 2016-2017 : TD de L1 Introduction à la Sociologie, TD de L2 Sociologie Urbaine