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Issopha NSANGOU

Issopha NSANGOU est Doctorant en Sociologie à l’Université de Nice Sophia Antipolis

Contact : issopha@yahoo.fr

Directeur de thèse : M. Pierre-Noel Denieuil (Université de Nice)
Co-directeur de thèse : M. Daniel Mercure (Université Laval - Québec)

Titre (provisoire) de thèse :

"Les réseaux des immigrés subsahariens et les « citoyennetés autrement ».Sociographie des pratiques « communautaires » de l’action sociale de proximité et leurs effets dans les territoires. Une perspective comparée Ile-de-France/Québec"

Résumé du projet de thèse

En prenant appui sur une sociographie comparée des pratiques « communautaires » de l’action sociale de proximité des immigrés subsahariens (Cameroun, République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali , Sénégal) résidant en Ile-de-France (France) et dans la province du Québec (Canada), le présent travail de thèse a pour ambition l’analyse de ces pratiques comme voie alternative d’accès aux ressources sociales du pays d’accueil (aide à l’insertion sociale et professionnelle, assistance administrative et numérique, reconnaissance sociale (Fraser, Honneth), accès aux droits communs, prestations financières et en nature, domiciliation, etc...). En regard du phénomène dit du Non-recours aux droits et services sociaux et le Renoncement aux soins (Philippe Warin) qui concerneraient une part significative de la population immigrée subsaharienne, la thèse interroge les déterminants et modalités de l’accompagnement des immigrés subsahariens en situation précaire par leurs communautés d’appartenance pour l’accès à la citoyenneté sociale du pays d’accueil. L’analyse s’inscrit dès lors dans le prolongement des débats théoriques entre penseurs libéraux et communautariens de la justice sociale et la gestion politique du pluralisme culturel dans les sociétés démocratiques occidentales : Multiculturalisme, Républicanisme, Libéralisme, Subalternisme...

Émergence de nouvelles formes de solidarités ? Recomposition ou rémanence des modes traditionnels de solidarité collective au sein des communautés en situation migratoire en France et au Québec ?

Un des postulats de la recherche est que ces systèmes parallèles de prise en charge individuelle et collective ont pour finalité de pallier : les effets de l’insécurité et la disqualification sociales (Robert Castel, Serge Paugam) des personnes en contexte migratoire d’une part ; d’autre part l’éloignement ou les ruptures progressives d’une proportion des immigrés subsahariens socialement vulnérables avec les institutions sociales locales. Sans s’y substituer complètement, les systèmes communautaires de solidarité s’emploient aussi à contourner les complexités procédurales et normes culturelles contraignantes de l’offre institutionnelle d’aide sociale. Circuit assistanciel public de fait inaccessible à certains ou « rejeté » par d’autres du fait, entre autres raisons, de pré-requis d’éligibilité/accessibilité qui entrent frontalement en conflit avec les habitus, représentations, comportements et stratégies individuelles et/ou collectives de survie privilégiés par certains groupes en situation précaire.

En plus de l’analyse de la formation et de la complexité des « identités modernes » (Charles Taylor) et la place du moi collectif chez les subsahariens en contexte migratoire, des stratégies identitaires différenciées d’intégration sociale (Camilleri), les relations intra/inter-communautaires (Streiff-Fenart), locales et transnationales, les modes d’organisation interne, de management, les enjeux des luttes intestines de positionnements et les ressorts du clientélisme politique local au sein de ces groupes et dans les territoires de résidence et d’actions, il sera question d’explorer les modes d’expression de la citoyenneté (profane ?) des non-citoyens, le processus d’« encitoyennement » (Jacques Roux) à l’œuvre au sein de ces communautés hétérogènes. Nous explorons également les modalités d’ancrage des « faire communautaires » (religieux, ethnoculturels, familiaux) aux dynamiques de l’Action sociale départementale/communale et aux politiques locales de rénovation urbaine. Sont questionnés à cet égard les effets en retour de ces dispositifs institutionnels d’inclusion sur l’effectivité de la « participation » en mode formel ou profane des habitants/usagers d’origine subsaharienne à la vie citoyenne (administrative, politique, associative) dans leurs collectivités locales de résidence.

Le dispositif dit d’« Intervention sociale d’Intérêt collectif (ISIC) » en Travail social est discuté, enfin, comme cadre de reconnaissance institutionnelle de l’action sociale« par le bas », investie par les groupes ethnoculturels/cultuels/réseaux d’interconnaissance. Nous explorons pour ce faire des initiatives de terrain existantes dans notre périmètre d’investigation, qui prennent d’une part en compte le fait communautaire, les attaches, représentations et pratiques ethnoculturelles/cultuelles/familiales des personnes immigrées accompagnées dans le processus de fabrique de la citoyenneté et de restauration du lien social souvent compromis du fait d’une grande précarité socio-économique. D’autre part en associant les communautés d’immigrés et les travailleurs sociaux (Travail social avec les groupes-TSG), dans une logique de « croisement des savoirs et des pratiques » (ATD Quart-Monde), dans le traitement social des effets des exclusions et la précarité administrative qui affectent nombre d’immigrés dont les Subsahariens en France (et au Québec ?), en particulier dans les territoires des Politiques de la Ville.

Mots-clés

Accès aux droits - Action sociale communautaire - Associations - Citoyenneté - Ethnicité - Expérimentation sociale - Identité - Lien social - Immigrés subsahariens - Marginalités - Médiation - Multiculturalité - Non-recours aux droits et services sociaux et de santé - Participation - Politiques de la Ville - Réseaux sociaux - Reconnaissance – Territorialité - Travail social avec les groupes - Transaction sociale – Vulnérabilités