Accueil > À la une

Journée d’étude "Violence(s) et migration"

Journée d'étude "Violence(s) et migration"

Voici le programme et les résumés d’interventions d’une journée d’étude sur "Violence(s) et migration" organisée le 22 septembre 2016 à l’université Paris Diderot, par la Fédération des Suds et l’Urmis. Cette journée entre aussi dans le cadre de la rentrée du master Migrations et relations interethniques.

Programme JE "violence(s) et migration"

22 septembre 2016
Amphithéâtre Buffon
Université Paris Diderot, 15 rue Hélène Brion, Paris 13e.

9h-9h30  : Accueil des participants

9h30-9h45 : Mot de bienvenue : Kathy Rousselet (USPC, à confirmer), Laurent Faret (Fédération des Suds), Nicolas Puig (Directeur-adjoint de l’URMIS)

9h45-11h30 : Violences, frontières et processus multiples d’identification (Discutant : Laurent Faret, CESSMA)

Passages de frontières des Palestiniens du Liban : de refuges en migrations. Nicolas PUIG (URMIS-IRD)

Codifying the body. A struggle for identification and recognition in a violent migratory context. Federico BESSERER (UAM, Mexique)

Le corps dans le travail, le corps dans l’économie de guerre : la matérialité du corps au sein des problèmes de la migration contemporaine. Yerko CASTRO (UIA Mexique, Chercheur invité USPC et URMIS)

11h30-11h45 : Pause-café

11h45-13h15 : Circulation et mobilités dans les contextes de conflit et de guerre (Discutante : Odile Hoffmann, URMIS)

Migrations et circulations dans un « grand » Kurdistan. Cyril ROUSSEL (Migrinter, CNRS).

Les déplacés et les réfugiés de Centrafrique en Afrique centrale : manières de migrer entre violence et assistance. Emmanuel CHAUVIN (Université d’Orléans)

13h15-14h30 : Déjeuner libre

14h30-16h00 : La violence dans les parcours migratoires : la question du genre et des générations (Discutant : Simone Di Cecco, URMIS)

Violence dans les parcours migratoires des Brésiliennes migrant vers la Guyane française : dits et non-dits. Dorothée SERGES GARCIA (GTM/Ined, CREDA).

Violences genrées aux frontières de l’Europe : échelles et temporalités de la vulnérabilisation et de la résistance migrante. Camille SCHMOLL (Géographie-Cités).

16h00-16h15 : Pause-café

16h15-17h45 : Violences au travail et au sein de la recherche de terrain (Discutante : Florence Boyer, URMIS)

La recherche sur les flux migratoires dans des contextes devenus violents : réflexions méthodologiques depuis le champ migratoire Mexique/Etats-Unis. Olga ODGERS (COLEF, Mexique, chercheuse invitée URMIS).

"Migrants centraméricains dans la région métropolitaine de Mexico : vulnérabilités et adaptations à un contexte d’insécurité généralisée". Laurent FARET (CESSMA).

17h45-18h : Clôture de la Journée


Résumés des interventions

Passages de frontières des Palestiniens du Liban : de refuges en migrations. Nicolas PUIG (URMIS)

À partir d’une analyse des pratiques de mobilités des réfugiés palestiniens au Liban, l’auteur décrit les dimensions relationnelles du passage de différentes frontières territoriales, sociales et culturelles. Ce sont les barrages de l’armée libanaise à l’entrée d’un camp de réfugiés, les routes clandestines vers la Grèce et les relations avec les autorités et certains des habitants de la capitale de ce pays. Autant de passages problématiques au cours desquels les réfugiés-migrants sont amenés à s’ajuster à la situation dans le cadre d’interactions que l’on peut qualifier d’asymétriques : échanges avec un soldat, un passeur, des gardes-frontières ou encore des citadins athéniens. L’auteur cherche à répertorier les réponses aux assignations identitaires et aux injonctions à justifier de leur présence que les réfugiés apportent lors de ces passages et à dégager le point de vue qu’ils développent plus généralement sur leur position entre refuges et migrations.

Codifying the body. The struggle for identification and recognition in a violent migratory context. Federico BESSERER (UAM, Mexique).

Mexico has become a global frontier and a geography of forced disappearance and death. This talk will show that a new form of governmentality is emerging at the center of the biopolitics of migratory processes in this region, which has as a cultural logic the construction of the body as a system of codes. A new form of social inequality is in the making based on the one side on the hypercodification that entails the construction and control of the social body of the nation as a database that includes biometric information, and on the other side on the erasure that produces the decorporalization and ultimately dehumanization of social subjects. In this context science and technology take a predominant place in the struggle to reintegrate disappeared or de-identified people pursuing recognition of their rights.

Le corps dans le travail, le corps dans l’économie de guerre : la materialité du corps au sein des problèmes de la migration contemporaine. Yerko CASTRO (UIA Mexique, Chercheur invité USPC et URMIS)

Au nord du continent américain, la migration est un phénomène ample et massif. Elle est associée à une économie politique de travail et à un système d’administration des migrations où le chaos et le désordre cohabitent sous des formes de contrôle sophistiquées. Les migrants apparaissent associés à des concepts de sécurité et de crises. En même temps, la forme matérielle dans laquelle les corps des migrants se présentent surgit toujours de façon contradictoire. Des corps dans le travail, des corps lors du passage des frontières. Des corps qui meurent, des corps qui disparaissent. Marx pensait que le travail était la dimension clé pour expliquer le capitalisme en se focalisant dans le corps et son aliénation. Dans cette conférence, j’aborderai les corps comme objets d’analyses des migrations actuelles. Avec cela, je discuterai sur la violence et le capitalisme comme étant deux aspects intimement liés dans la production d’une nouvelle ontologie des corps.

Violence dans les parcours migratoires des Brésiliennes migrant vers la Guyane française : dits et non-dits, Dorothée SERGES GARCIA (GTM/Ined, CREDA).
L’analyse des trajectoires de vie dans les parcours migratoires nous a permis de cerner le principal motif aux départs des jeunes femmes brésiliennes vers la Guyane française : la violence dans les rapports de genre. La recomposition des familles à l’arrivée présente également des violences répétées dans le cadre conjugal. Notre communication, en se basant sur des données qualitatives et quantitatives de l’enquête « Migration, famille et vieillissement », vise à comprendre l’impact de la configuration familiale sur les formes de violences exercées. Elle présentera d’une part le contexte de mise en mouvement des femmes violentées, puis leurs discours seront analysés à l’aune des types de familles dans lesquelles elles évoluent. Enfin, nous montrerons, de manière plus globale, que les mécanismes de violences en jeu dans la société guyanaise résultent d’inégalités (sociales, spatiales) au sein de ce département.

Violences genrées aux frontières de l’Europe : échelles et temporalités de la vulnérabilisation et de la résistance migrante. Camille SCHMOLL (Géographie-Cités).
Cette communication se base sur des enquêtes réalisées dans le Sud de l’Europe auprès de migrant.e.s immobilisé.e.s (en rétention ou en attente de l’issue d’une demande d’asile). Les violences induites par le durcissement des frontières de l’Europe sont multiples. Certaines d’entre elles prennent un caractère genré. On travaillera ici en particulier sur la violence induite par l’enfermement ou la « mise en attente » des migrant.e.s, violence qui parfois, du fait de l’allongement temporel de la frontière, est liée à l’absence de la possibilité de soigner des violences ayant précédé l’arrivée en Europe. On définira des échelles de la vulnérabilisation et de la résistance migrante, en insistant sur leur caractère genré. Trois échelles seront particulièrement examinées : le corps, l’espace domestique en rétention et dans les centres d’accueil, l’espace virtuel.

Migrations et circulations dans un « grand » Kurdistan. Cyril ROUSSEL (Migrinter).
Le Moyen-Orient est devenu un espace de conflit où s’affrontent Etats voisins et groupes armés divers. L’affaiblissement des Etats de la région rend les frontières plus perméables. De nouveaux acteurs parviennent à prendre possession de territoires entiers situés généralement en périphérie des Etats, dans des zones frontalières, créant – parfois temporairement – de facto des « proto-Etats » (Kurdistan-s irakien et syrien ; Etat islamique). La conférence visera à comprendre le fonctionnement des espaces produits par ces nouveaux acteurs mais aussi les stratégies de tous ceux qui jouent de ces territoires pour reconstruire des circulations migratoires et marchandes nouvelles ou réactivées, dans un Moyen-Orient en conflit et en pleine recomposition.

Les déplacés et les réfugiés de Centrafrique en Afrique centrale : manières de migrer entre violence et assistance. Emmanuel CHAUVIN (l’Université d’Orléans)
Les sociétés d’Afrique centrale vivent de vastes mouvements migratoires causés par les violences armées. En Europe, les médias et les pouvoirs publics ont tendance à se focaliser sur les très minoritaires traversées transméditerranéennes de ces migrants, présentés, le temps d’une crise, sous les stigmates de menaces ou de victimes. A rebours de ces poncifs, cette communication porte sur des changements forcés de résidences à courte distance, de Centrafricains déplacés et réfugiés en Afrique centrale, en abordant ces derniers comme acteurs de trajectoires historicisées. En Centrafrique, depuis une vingtaine d’années, la violence a entraîné le changement forcé de résidences de centaines de milliers de personnes dans cette partie de l’Afrique pourtant peu peuplée. Pour traverser les dispositifs de contrôle des hommes et des territoires créés par les groupes armés, les États et les acteurs humanitaires, les migrants forcés recourent à des tactiques, des stratégies et des savoirs territoriaux de leurs lieux d’origine à leurs territoires-refuges.

La recherche sur les flux migratoires dans des contextes devenus violents : réflexions méthodologiques depuis le champ migratoire Mexique/États-Unis
Olga ODGERS (COLEF, Mexique, chercheuse invitée URMIS)
Peut-on faire l´analyse des processus sociaux liés aux flux migratoires sans prendre en considération la violence ? Comment l’appréhender dans la recherche, sans en faire nécessairement l´axe centrale de l´analyse, mais sans le négliger pour autant ? Quelles stratégies peut-on mettre en œuvre pour mener une enquête de terrain dans un contexte devenu violent ? Cette communication vise à partager l´expérience de plusieurs projets de recherche menés dans le champ migratoire Mexique / États-Unis, ou la violence s´est accrue pendant les dernières décennies. Notamment on s´intéresse à réfléchir sur les outils théoriques permettant de prendre en considération la violence dans la mobilité -autant dans les lieux de départ, que dans les trajets et les lieux de destination. Également, on s´intéressera aux partage de stratégies méthodologiques permettant au chercheur de mener à bien son projet, sans pour autant se mettre en danger.

Comité d’organisation :
Florence Boyer, florence.boyer@ird.fr
Yerko Castro, yerko.castro@ibero.mx

Agenda

Ajouter un événement iCal