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Journées d’études « Mémoires du corps et visualité »

Journées d'études « Mémoires du corps et visualité »

Photo : Leslie Hernández

Journées d’étude les 27-28-29 avril 2017 à la Faculté des Lettres, Arts, Sciences Humaines, Université Nice Sophia Antipolis, Campus Carlone
98 bd Edouard Herriot – Amphi 75

Programme et résumés

Organisées par Sarah Andrieu et Marina Nordera
(Université Côte d’Azur-CTEL)

Entrée libre

PROGRAMME DÉTAILLÉ

Jeudi 27 avril

Ouverture 9h -10h15

Marina Nordera (Université Côte d’Azur, CTEL), Mot de bienvenue

Sarah Andrieu (Université Côte d’Azur, CTEL), Introduction

Luisa Passerini (Institut Universitaire Européen, Florence) : Présentation ERC BABE

Elina Djebbari (King’s College, Londres) : Présentation ERC « Modern Moves »

Session 1 10h30-13h

Migrations artistiques

Leslie Hernández (ERC BABE - IUE), De l’oralité à la visualité, à la corporéité. Imaginaires des danses traditionnelles péruviennes en Europe (Italie, Espagne, Suède)

La méthodologie de la collecte de sources orales et visuelles du projet BABE a permis d’explorer non seulement l’élément narratif de la mémoire culturelle, mais aussi la façon dont l’oralité peut se convertir en visualité. L’élément visuel, d’abord étudié à travers la représentation du lieu d’origine et l’appartenance culturelle souvent multiple de l’identité, a fait émerger à travers l’entretien autobiographique différents niveaux d’intersubjectivité et de représentations visuelles, telles que la géographie individuelle, les généalogies familiales, les costumes traditionnels, des mots en différents langues, des chronologies historiques et des projets photographiques personnels. Dans la partie du projet consacrée aux Péruviens en Europe, il a été nécessaire d’utiliser une approche plus innovante, en donnant de l’espace à l’expression corporelle des témoins interrogés. Afin d’exprimer des niveaux d’appartenances multiples, certains d’entre eux ont présenté leur mémoire culturelle en utilisant un langage non verbal : la performance et la danse. À partir de l’expérience de la transmission culturelle à travers la danse, nous réfléchirons aux possibilités offertes par la méthode de la visualité de la mémoire pour la prise en compte de la corporéité en tant que nouveau niveau d’intersubjectivité. Seront analysés en particulier la danse traditionnelle « marinera » et ses voyages actuels en Europe comme moyens de transmission de la mémoire culturelle péruvienne auprès de la jeune génération.

Docteur en histoire des sociétés contemporaines de l’Université de Turin, Leslie Hernández est actuellement research associate du projet de recherche ERC « Bodies across borders : visual and oral memory in Europe and beyond » (2013-2018) au Département d’histoire et civilisation de l’Institut universitaire européen de Fiesole. Ses recherches se situent dans les domaines de l’histoire culturelle, ainsi que des études visuelles et de genre. Ses travaux ont porté sur la mémoire interculturelle étudiée à travers l’histoire orale à partir des thématiques de la visualité et de la subjectivité. Elle a collaboré avec le CIRsde (Centre d’études de genre), la Fondation Sella de Biella et est membre fondateur de l’Association internationale Areia qui soutient la constitution d’archives audiovisuelles sur les migrations entre l’Europe et l’Amérique Latine. Ses recherches actuelles portent sur les processus de construction et de transmission de la mémoire, à travers l’étude de la transmission des danses traditionnelles péruviennes en Europe.

Adeline Maxwell (Université Paul Valéry Montpellier 3), Danse contemporaine sud-américaine : territoires mouvants, globalisation et communauté.

Cette communication a pour but de montrer des extraits du film-documentaire DanzaSur, Scène Contemporaine en Amérique du Sud. (20 min./espagnol et portugais sous-titré au français) composé de cent trente entretiens avec des artistes de la danse contemporaine de huit pays d’Amérique du Sud. Les thèmes abordés sont liés aux phénomènes de la globalisation, des transferts culturels entre différents pays sud- américains ainsi qu’entre l’Europe et l’Amérique du Sud. On y observe des influences, une éventuelle « communauté de la danse sud-américaine », ainsi qu’une pluralité de formes de ce qui est dénommé « danse contemporaine ».

Docteure en Arts de l’Université de Nice (sous la direction de Marina Nordera), Master en Études en Danse, diplômée en Recherches Sociales sur le Corps et en Histoire de l’Art, Adeline Maxwell est chercheuse en danse, enseignante à l’Université ainsi que dans des collectifs indépendants. Directrice du Centre de Recherches sur la Corporéité et les Arts de la Scène, elle est également responsable de l’atelier nomade Cartographies Imaginaires. Elle effectue actuellement un post-doctorat au laboratoire RIRRA 21 de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Parmi ses dernières publications on trouve “Lecturas Emergentes sobre Danza Contemporánea” (LOM, 2015), “DanzaSur, Viaje por el Continente de las Maravillas” (CNCA, 2016) et “Choreography and Corporeality : Relay in Motion” (Palgrave, 2016).

Nicolas Puig (IRD-URMIS), Katibé khamsé en regards (ou le rap au corps)

Cette intervention prendra appui sur un travail filmique en cours sur le groupe de rap palestinien Katibé Khamsé (par Justin de Gonzague et Nicolas Puig), dont les membres sont à présent tous réfugiés en Europe, pour approcher différentes narrations visuelles des engagements politiques, artistiques, corporels, des rappeurs depuis leurs débuts en 2005.

Nicolas Puig est anthropologue à l’IRD (Urmis). Il a travaillé sur différentes situations de marginalités urbaines dans le monde arabe (territoriales, morales et citoyennes). Il développe à présent des recherches sur les sur les côtoiements urbains, en privilégiant les dimensions sensorielles, sonores, de la vie sociale et poursuit en parallèle un projet sur les relations entre exil et création. Il a publié Farah. Musiciens de noce et scènes urbaines au Caire, Actes Sud, coll. Sindbad, 2010 et a dirigé avec Kamel Doraï l’ouvrage L’urbanité des marges, Migrants et réfugiés au Proche-Orient (2012, Téraèdre, coll. Un lointain si proche).

Discutant : Christian Rinaudo (Université Côte d’Azur, URMIS)

Session 2 14h30-17h30

Circulation des imaginaires du corps

Graziella Bonansea (ERC BABE - IUE), Corps représentés, corps brisés. Entre regards, mémoire et subjectivité dans la production visuelle de jeunes générations européennes

Cet intervention vise à montrer comment l’environnement scolaire constitue, dans le cadre du projet BABE, une scène sociale cruciale pour envisager les dynamiques générationnelles autour des questions liées aux frontières, aux passages, aux transits vers une Europe globale. Le contexte scolaire, situé à la confluence des appartenances, des modèles individuels et collectifs, nationaux et transnationaux, apparaît comme un horizon social hybride, hétérogène et multiforme. Et c’est bien cette image effilochée, dispersée, dissonante, bien que dans une scène chorale, qu’offrent les sources des lycéens (dessins, photographies, textes et vidéos). Le travail méthodologique réalisé dans les écoles avec la collaboration de plusieurs enseignants documente la manière dont la production de matériel par les jeunes natifs et les enfants de migrants (en dialogue constant et complexe entre eux) est le résultat d’un parcours visuel et narratif soutenu par une mémoire sollicitée. Après avoir vu et étudié de nombreuses œuvres visuelles d’Adrian Paci, Ed Moschitz, Ursula Biemann, William Kentridge, Eva Leitolf, les élèves ont été amenés à produire eux-mêmes des œuvres, par lesquelles ils se tournent vers l’espace européen dans le désir de le re-imaginer, le réinventer en révelant de nouvelles formes de citoyenneté publique et privée. Cette contribution se concentrera sur les liens entre les biographies des enfants de migrants et leurs narrations en vidéo. La mise en jeu des émotions individuelles et collectives est au centre de ce travail. Dans ce contexte, le corps, même dans ses formes les plus aliénées, devient un élément de médiation entre la mémoire et la visualité, et il donne le périmètre des frontières. Il est représenté comme brisé, fragmenté, jamais saisi dans son intégralité. Cette perspective d’études remet en question le sens du temps dans lequel il est possible pour les jeunes générations d’imaginer des formes de positionnement futures et plurielles.

Après une formation en Histoire sociale et Histoire de l’imaginaire à Turin, avec Luisa Passerini et à Paris avec Michelle Perrot, Graziella Bonansea a travaillé sur la subjectivité, la représentation du corps et la mémoire du traumatisme au cours des Guerres mondiales et dans les années 1950. La question de la frontière, symboliquement, centrale dans plusieurs de ses travaux, se croise avec celle du rapport complexe entre corps, cultures, genres et générations éplorés par le projet BABE, au sein duquel elle travaille depuis 2013. La tentative de faire coexister plusieurs regards sur l’histoire et l’intérêt pour les parcours que la mémoire suit quand elle approche les territoires de l’indicible l’ont conduite à s’ouvrir à la dimension littéraire. Elle est auteure de quatre romans : Margherita madre d’acqua (Mantova, Tre Lune, 1999), Come il re e la regina (Milano, La Tartaruga, 2004), Tre inverni (Milano, La Tartaruga, 2005) e Cécile di sete e di acque (Torino, Neos Edizioni, 2016).

Sarah Briant (Université Côte d’Azur, CTEL), Le corps comme enjeu politique. Création chorégraphique et dynamiques circulatoires à Dakar (Sénégal)

Si elles constituent aujourd’hui un symbole indéniable de la culture sénégalaise, les danses sabar ont pourtant fait l’objet d’une légitimation tardive (dans les années 1980) dans le processus de recomposition mémorielle post-indépendance initiée en 1961. Devenues danses nationales patrimonialisées par l’extérieur, sous l’action des danseurs de la diaspora émigrés en Europe, les danses sabar drainent au Sénégal une multitude d’imaginaires corporels contradictoires, souvent enjeux de luttes. A partir d’une analyse contextualisée de la pièce « Niit Ku Rëër », présentée par la compagnie SeneAfrica lors du Festival Kaay Fecc à Dakar en 2015, cette communication propose de questionner les représentations et les significations dont sont chargées les danses sabar pour leurs interprètes dans un contexte de circulations chorégraphiques.

Diplômée de l’IEP d’Aix en Provence, je poursuis actuellement une recherche qui consiste en une ethnographie des mondes de la « danse contemporaine » dans la région de Dakar à travers l’angle des dimensions politiques qui sous-tendent les processus de création chorégraphique. Ce travail, qui se nourrit des méthodes de l’anthropologie et de la recherche en danse, vise à allier théorie et pratique dans la conduite de terrains de recherche dans la région de Dakar.

Elisa Lhortolat (Université Côte d’Azur, CTEL), La danse orientale entre la France et l’Egypte : la « rhétorique des origines »

« La seule école de danse orientale possible demeurait le Caire  ». Ces mots de Djamila Henni-Chebra sont l’exemple des liens forts et incontestables actuels entre la danse orientale et l’Egypte, pays qui a participé à sa popularisation notamment à travers le cinéma. Aujourd’hui, une danseuse orientale dite « professionnelle » se doit de passer par le Caire, via des festivals ou des formations. Les danseuses et professeurs égyptiens sont adulés et considérés comme des maitres, détenteurs d’un savoir inaccessible à ceux qui ne sont pas nés en Egypte. A fortiori, la situation politique et culturelle actuelle dans ce pays est en train de causer la mort progressive de la pratique de la danse non sans susciter en France des volontés de la conserver dans sa version « authentique ». Notre réflexion visera à dresser un panorama des liens entre la France et l’Egypte à travers notamment un travail de terrain et via la parole des acteurs. Diverses questions transversales sont au cœur de cette réflexion comme celles de la tradition, de la mondialisation des techniques, de l’héritage mais aussi du rapport entre danse et origine ethnique.
Elisa Lhortolat est doctorante en 3eme année à l’Université Côte d’Azur au sein du laboratoire CTEL, sous la direction de Marina Nordera et la co-direction de Federica Fratagnoli. Sa thèse porte sur les représentations de genre dans la danse orientale et la danse American Tribal, proposant un regard croisé sur les pratiques dansées et les discours des pratiquantes. Elle est également professeur de danse orientale et de tribal fusion, au sein de l’école Kahina Oriental & Fusion. Elle est soutenue financièrement en 2015 par l’Association des Chercheurs en Danse qui lui accorde une bourse d’aide à la recherche.
Federica Fratagnoli (Université Côte d’Azur, CTEL), Savoirs du corps et identités somatiques. Analyse d’un extrait de kathak interprété par Pratap Pawar et Akram Khan
La communication propose une analyse détaillée d’un bref extrait de danse kathak interprété par Akram Khan et son maître Pratap Pawar. Prenant appui sur une étude comparative des langages gestuels de ces deux artistes, la communication présentera une réflexion sur la place des savoirs du corps dans la construction d’identités somatiques contemporaines en contexte migratoire.
Federica Fratagnoli est Maître de conférences en danse à l’Université de Nice Sophia Antipolis, membre du « Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature et des Arts vivants » (CTEL) et membre associé du « Laboratoire d’analyse des discours et pratiques en danse » (Université Paris 8). À la lisière entre théorie et pratique, sa recherche et son enseignement portent sur la lecture et l’analyse du geste dansé, ainsi que sur l’étude de langages chorégraphiques contemporains en lien avec la circulation de savoirs corporels indiens.
Discutante  : Leslie Hernández (ERC BABE - IUE)
Vendredi 28 avril

Session 3 9h30-12h30
Atelier Experiential memory
Shahar Dor (Artness - Shahar Dor Company, Israël)

A partir d’une pratique, nous expérimenterons le corps comme un véhicule de visions, de mémoires, de la grande et des petites histoires, ainsi que l’art performatif comme un outil de connaissance de soi et de changement social. Puis nous échangerons à partir du travail de Shahar Dor - de son expérience de pédagogue et de performer à travers différentes cultures.

Shahar Dor est un artiste israélien, performer multidisciplinaire, pédagogue et directeur artistique. Son travail à multiples facettes repose sur plus de 20 années de recherche sur le corps en mouvement, la performance et l’art de créer des images. Célèbre pour sa pratique singulière, sa passion, son humour et son univers, Shahar enseigne, performe et accompagne de nombreux projets créatifs partout dans le monde.
Session 4 14h-17h
Mémoires et transmission
Annalisa Piccirillo (Università degli Studi di Napoli “L’Orientale), Le Matri-Archive de la Méditerranée. Chorégraphier la mémoire des corporéités en transition
Cette intervention vise à présenter le projet d’archivage numérique M.A.M Matri-Archivio del Mediterraneo. Grafie e Materie (financé par le P.O.R. Campania FSE 2007-2013, Axe IV, Capital Humain ; projet du Gruppo M.A.M, Università degli Studi di Napoli “L’Orientale”), une plateforme de mémoire active et créative dédiée au collectage et à la dissémination d’œuvres performatives d’artistes de la région méditerranéenne. En étudiant tout particulièrement des productions chorégraphiques féminines, nous souhaitons analyser les gestes politiques et poétiques des corporéités “en transition” qui habitent la scène méditerranéenne, afin de proposer la configuration d’un nouvel espace d’archivage transnational dans lequel est activée, véçue et disséminée la mémoire corpo-graphique contemporaine.
Docteure en Etudes culturelles et postcoloniales dans le monde anglophone à l’université L’Orientale de Naples en 2012, Annalisa Piccirillo est chercheuse contractuelle pour le projet “Nuove pratiche di memoria : matri-archivi del Mediterraneo” (POR Campania a.a. 2013-2015). A partir d’une approche fondée sur la déconstruction et sur les études de genre, elle étudie les formes de dissémination de la mémoire corporelle dans les pratiques performatives qui circulent dans l’aire méditerranéenne. Elle codirige la plateforme : www.matriarchiviomediterraneo.org.
Susanne Franco (Università Ca’ Foscari Venezia – IFA Université Côte d’Azur, CTEL), Danser la nation à l’ère des post-colonies : le cas du Kenya
L’identité nationale est une question de brulante actualité au Kenya, un pays qui a connu son indépendance en 1963. Mon intervention présentera deux exemples différents dans lesquels la pratique et la mémoire de la danse jouent un rôle central dans la construction, la représentation et la réception de l’identité à la fois ethnique et nationale de cette post-colonie : le Bomas of Kenya (le centre national des arts performatifs et des villages traditionnels fondé à Nairobi au début des année 1970 et encore très actif aujourd’hui), et les festivals nationaux qui comportent des compétitions entre troupes de danseurs des différentes « ethnies ».
Susanne Franco est Ricercatore à l’Université Ca’ Foscari de Venise. Elle est l’auteure de nombreux articles sur la danse moderne et contemporaine, ainsi que des ouvrages Martha Graham (L’Epos, 2003) et Frédéric Flamand (L’Epos, 2004). Elle a dirigé Audruckstanz : il corpo, la danza e la critica (Biblioteca Teatrale, n. 78, 2006), et avec Marina Nordera I discorsi della danza. Parole chiave per una metodologia della ricerca (UTET Università, 2005 et Routledge, 2007) et Ricordanze. Memoria in movimento e coreografie della storia (UTET Università 2010). Elle a également dirigé la série d’entretiens “Dance for Word/Dance Forward. Interviste sulla coreografia contemporanea” (L’Epos).
Daniela Guzman (Université Côte d’Azur, CTEL), La « (re)composition mémorielle » de la danse Cueca et sa visibilité à partir des canons esthétiques dominants.
La Cueca est une danse chilienne dite « traditionnelle » issue d’un processus culturel d’hybridation qui a eu lieu pendant la colonisation espagnole et qui s’est manifesté à partir de l’indépendance du Chili (1810). Cette intervention vise à développer quelques réflexions sur les appropriations successives de la Cueca au XXe siècle et sur la place des influences internationales. Nous envisagerons plus particulièrement trois exemples de "mises en corps" de la mémoire. Notre ambition sera d’analyser la manière dont les langages dansés acquièrent des nouvelles significations suite à l’influence de divers canons esthétiques dominants.
Danseuse, chorégraphe et enseignante, Daniela Guzmán Martínez est doctorante en danse à l’Université́ de Nice sous la direction de Marina Nordera. Après une formation de danseuse et professeure spécialisée en danse à l’Université du Chili, elle développe un parcours professionnel où se confrontent et se mettent en dialogue la danse traditionnelle et la danse contemporaine. Le phénomène de réappropriation de la danse traditionnelle « Cueca » au Chili a suscité en elle la nécessité de réaliser un parcours de recherche autour de ce sujet-là, initialement dans le domaine de la création chorégraphique et ensuite dans celui de la théorie. Cela l’a amenée à entreprendre un Master en Arts du spectacle à l’Université de Strasbourg (2014). Sa recherche actuelle interroge toujours les processus de réappropriation de la Cueca, mais dans un domaine plus large qui vise à incorporer les regards de différents acteurs sociaux concernés par ces dynamiques, comme les artistes de la scène, notamment les chorégraphes.
Elina Djebbari (ERC Modern Moves, King’s College London), Danser la salsa au Bénin : pratique transnationale, mémoire locale
Une scène salsa se développe actuellement en Afrique de l’Ouest, suivant la popularité de ce genre dont la pratique est largement transnationale. Ce phénomène récent a néanmoins été précédé d’une histoire longue de l’appropriation des musiques caribéennes, et notamment cubaines, sur le continent africain depuis le début du XXème siècle. Basé sur des enquêtes ethnographiques au Bénin, cette communication propose d’explorer la relation historique et contemporaine du Bénin à ce qui est désormais appelé ‘salsa’ aujourd’hui et d’interroger son développement dans le contexte urbain postcolonial de Cotonou. D’une part, l’appropriation de la salsa au Bénin par le biais de sa resignification locale au moyen d’un discours sur les origines et d’une « béninisation » de la musique et des pas de danse sera explorée. D’autre part, les réponses empiriques au phénomène de « roots in reverse » (Shain 2002) caractéristique de l’Atlantique Noir (Gilroy 1996) seront interrogées : comment, par exemple, le modèle transnational du congrès de salsa est-il adapté au contexte social local dans le cadre du Festival international de salsa de Cotonou ?
En observant les enjeux révélés par les discours des salseros béninois, nous verrons comment la pratique de la salsa permet à la fois de devenir un « lieu de mémoire » local ainsi qu’un nouveau marché économique transnational (festivals, cours de danse...) dont les logiques respectives s’entrecroisent à différentes échelles.
Elina Djebbari est chercheure associée postdoctorante au King’s College de Londres au sein du projet Modern Moves financé par le Conseil Européen de la Recherche (2013-2018) et dirigé par Ananya Jahanara Kabir. Après une thèse en ethnomusicologie (EHESS) portant sur les processus de patrimonialisation et de spectacularisation des musiques et des danses « traditionnelles » au Mali, elle travaille actuellement sur les circulations musicales et chorégraphiques entre les Caraïbes et l’Afrique de l’Ouest depuis les indépendances.
Discutante  : Marina Nordera (Université Côte d’Azur, CTEL)
Samedi 29 avril
Session 5
9h30-11h00
Atelier « Mémoires du corps et visualité »
Emmanuelle Pépin, artiste, performeuse, chorégraphe, Autour du projet « Marche, passe et repasse » (Emmanuelle Pépin et Olivier Debos, création 2017).
11h30-12h30 -
Table ronde conclusive réunissant l’ensemble des intervenants. (Modération : Sarah Andrieu et Marina Nordera)

Lieu des journées d’études : UFR LASH - Campus Carlone, 98 bd Edouard Herriot – Amphi 75

Info : sarah.andrieu@unice.fr - marina.nordera@unice.fr

Agenda

événement important

  • Du 27 avril 09:00 au 29 avril 12:30 -

    Journées d’études « Mémoires du corps et visualité »

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