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L’héritage de l’esclavage dans la société urbaine brésilienne : transition métropolitaine à Rio de Janeiro et São Paulo (1920-1950)

Séminaire de recherche « Migrations, Circulations et Altérités » 2018-2019

Lundi 10 décembre 2018 - de 14h à 16h
« L’héritage de l’esclavage dans la société urbaine brésilienne : transition métropolitaine à Rio de Janeiro et São Paulo (1920-1950) »

Conférence d’Aurélia Michel
(Université Paris-Diderot/CESSMA, en accueil CNRS à l’URMIS)

Discutant/e : Aude Rabaud
Lieu : Université Paris-Diderot, bâtiment Olympe de Gouges, salle M19 Plan d’accès

Résumé :
Au Brésil, la question raciale est à la fois omniprésente et difficile à définir, à mesurer, ce qui suscite comme en France des discussions importantes sur les politiques publiques pour y faire face. Depuis les années 1930, elle reste hantée par les approches et catégories de la sociologie étasunienne des groupes raciaux (mixité, ségrégation, etc.), qui souvent ne permettent pas de rendre compte de la réalité du racisme à chaque niveau de la vie sociale. Pour restituer les effets de race dans une société urbaine et industrielle, il faut revenir à cette période de transition métropolitaine, entre 1920 et 1950, et observer le « creuset urbain » brésilien, c’est-à-dire la formation d’une société urbaine métissée, modernisée, qui pourtant ne solde pas l’héritage de l’esclavage. Alimentée par les migrations nationales et internationales, l’urbanisation de Rio de Janeiro et de Sao Paulo à cette période constitue le terreau d’une société à la fois plus démocratique et raciste. Nous observerons, à travers deux quartiers en formation dans les années 1920-1940 à Rio (Madureira) et São Paulo (Casa Verde), comment la matérialité et la condition urbaines brésiliennes participent à caractériser la société post-esclavagiste.

Aurélia Michel est historienne, maître de conférences en histoire des Amériques noires à l’université Paris Diderot depuis 2010 et chercheure au CESSMA. Elle est spécialiste du Mexique contemporain et a travaillé sur l’histoire des sociétés indiennes, des formes communautaires et familiales en relation avec la réforme agraire et les dynamiques migratoires. Actuellement en accueil à l’URMIS dans le cadre d’une délégation CNRS, elle mène une recherche sur la société post-esclavagiste brésilienne, observée à travers la question urbaine dans la première moitié du vingtième siècle. http://www.cessma.univ-paris-diderot.fr/?article81