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Présentation du groupe de recherche « Pratiques culturelles, savoirs et techniques en circulation »

Extrait projet quinquennal 2019-2023, présenté à l’automne 2017

Responsables : Julien Mallet (IRD Paris), Christian Rinaudo (UNS)

Le groupe de recherche que nous proposons regroupe des recherches portant sur des circulations de savoirs (scientifiques, politiques, idéologiques...), de techniques et technologies, de pratiques religieuses et culturelles notamment musicales et artistiques. Ces recherches envisagent les modes circulatoires dans leurs différentes dimensions et historicités, comme elles s’arrêtent sur les acteurs qui les portent et/ou sur les reconfigurations d’acteurs qu’elles provoquent. Le travail envisagé vise à faire émerger des notions ou questions de recherches qui traversent ces différents domaines/approches des circulations et permettent de les analyser en retour. La notion de « composition » permet d’appréhender les phénomènes de combinaison, d’assemblages, d’ajustements, notamment mobilisables pour l’analyse des circulations techniques et technologiques mais aussi, par exemple, pour comprendre les manifestations rituelles et les resémantisations liées à leurs déplacements. Elle permet également de saisir la façon dont les musiciens « composent » à la fois musicalement, culturellement et socialement en fonction des contraintes locales et internationales/mondiales liées à leur circulation, à leurs parcours et carrières. D’autres notions transversales porteront sur la reformulation des « catégories » (esthétiques, commerciales, morales, identitaires, ethniques...) attachées à la circulation et sur les enjeux de légitimité qui en découlent ou encore sur le « côtoiement » – des jeux de proximité à différentes échelles entraînant des fréquentations et des échanges autant que des mises à distance – comme facteur de construction de différentiations (nationales, ethniques sociales et/ou culturelles) ou de production de culture. Dans ce cadre, plusieurs d’entre nous s’intéressent en particulier à l’étude de la circulation transcoloniale/transnationale/post-coloniale des idées, des concepts, des méthodes d’enquête, ou des intellectuels engagés dans la production de courants de pensée alternatifs aux « épistémologies hégémoniques ». Les recherches menées sur l’histoire comparée des anthropologies haïtienne, cubaine et mexicaine ont déjà posé des jalons pour ces réflexions, qui seront déployées dans le cadre général de nouvelles perspectives d’analyse liées aux dynamiques politiques contemporaines, à l’évolution des rapports de dominations et/ou aux alternatives liées aux conditions actuelles des circulations matérielles, immatérielles et humaines (Sud-Nord, Sud-Sud, etc.).

Outre des ateliers thématiques réguliers et les productions scientifiques individuelles des membres du groupe sur le thème, nous envisageons la publication d’un numéro de revue sur une des notions travaillées. Par ailleurs, deux manifestations scientifiques sont déjà prévues. Nous étudions également la possibilité d’une recherche collaborative entre plusieurs membres du groupe.