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Présentation du groupe de recherche "Le genre comme catégorie d’analyse"

Extrait projet quinquennal 2019-2023, présenté à l’automne 2017

Coordination : D. Lacombe (CNRS Paris), B. de Gasquet (UPD), M. Lesclingand (UNS)

Ce groupe de recherche prévoit de réunir les chercheurs et doctorants de l’URMIS mobilisant ou voulant mobiliser le genre comme catégorie d’analyse des phénomènes sociaux, que cette démarche utilise explicitement ou non le concept. « Elément constitutif des rapports sociaux fondés sur les différences perçues entre les sexes » et « façon première de signifier les rapports de pouvoir », (Joan Scott, 1986) cette catégorie est depuis plusieurs années légitimée en sciences sociales en ce qu’elle permet d’accorder un poids au rapport des sexes, aux dimensions sociales de la sexualité, dans l’évolution des sociétés. Elle prolonge ainsi sous un jour nouveau, en élargissant le périmètre des objets d’étude (aux identités sexuelles, aux masculinités, aux modes de bi-catégorisation sexuelle), le travail des précurseurs français de l’histoire des femmes, pour qui cette dernière, a permis d’ « interroger le langage et les structures du récit, les rapports du sujet et de l’objet, de la culture et de la nature, du public et du privé ; a remis en cause les partages disciplinaires et les manières de penser. » (Michelle Perrot, 1998)

L’objectif sera d’engager la réflexion en nous appuyant sur les trois axes de l’URMIS (migrations- circulations, fabriques de l’altérité, pouvoir et appartenances) :

-  Migrations, circulations
Nous reviendrons sur l’analyse du genre des mobilités et des migrations, sur la généalogie de l’intérêt accordé à la sexuation de ces phénomènes, notamment à partir de l’histoire de l’URMIS. S’agissant des circulations, nous pourrons par exemple scruter les formes de déploiement, à l’échelle du monde, du genre comme catégorie d’intervention publique et privée et comme support de connaissances diffus, remanié selon les contextes locaux. Nous chercherons à comprendre les termes circulatoires de la légitimation d’une égalisation des conditions entre les sexes.

-  Fabriques de l’altérité
Nous analyserons la façon dont le genre est producteur de différenciations et de hiérarchisations sociales. Nous réfléchirons aux ressorts d’analyse de l’intersectionnalité « classe.race.sexe » ; nous nous pencherons sur le parcours savant de cette approche, sur la profondeur historique que proposent de lui apporter les études dé- et post.coloniales. Nous analyserons le genre des relations interethniques.

-  Pouvoir et appartenances
Il s’agira d’analyser la place du genre dans la construction nationale, communautaire, et dans toute forme de construction d’appartenances collectives. En lien avec l’axe 1, nous interrogerons la circulation des militances (par exemple féministes) et la façon dont cette circulation affecte les supports idéologiques, les trajectoires individuelles et les socialisations politiques, les engagements, le travail associatif etc. Nous analyserons la division sexuée du travail des mobilisations et des appartenances collectives. Les mutations des pays des Suds, notamment celles ayant trait aux transitions démographiques, aux transformations spatiales, aux reconfigurations du travail, à la révolution démocratique et aux permanences de l’autoritarisme, seront explorées au prisme du genre. Enfin, en lien avec le laboratoire junior VIsaGe en cours de constitution à l’USPC (Analyse des violences de genre, données-santé-jeux d’échelles), nous reviendrons sur la problématisation publique relativement récente de la violence masculine, et sur ses effets dans la construction de connaissances sociologiques, historiques, anthropologiques etc. nouvelles.

Organisation : la première année sera consacrée à plusieurs réunions d’un atelier de réflexion autour de thèmes transversaux à partir desquels chacun pourra exposer son travail (par ex. division sexuée du travail, discrimination-inégalités-altérité, histoire du féminisme et usages de la cause des femmes, genre et frontières matérielle&symbolique, imbrication des rapports sociaux…).

Production scientifique : Dans la continuité des journées d’études prévues en 2017-2018 (dans le cadre du laboratoire junior VIsaGE le 4 décembre 2017 ; sur violences de genre, approches quantitatives- qualitatives et santé à l’automne 2018), le groupe de recherche organisera différentes journées d’étude thématiques, en collaboration avec d’autres projets ou structures, et mettra en place un séminaire de recherche régulier.