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Racioppi Aurélie

Aurélie Racioppi est sage-femme hospitalière depuis 2006 et doctorante en sociologie 2015-2018 à l’université Paris Diderot (URMIS), financement Assistance Publique Hôpitaux de Paris.

Contact : aurelieracioppi@gmail.com
Thèmes de recherche
-  Relation soignant-soigné
-  Rapports sociaux de sexe, de classe et de « race » dans le soin
-  Trajectoire de soin
-  Diabète de grossesse

Thèse en cours

Directeur-ice- de thèse : Mahamet Timera et Marguerite Cognet

Résumé
Cette recherche doctorale propose d’analyser les conditions de production des ruptures de suivi chez les femmes enceintes atteintes de diabète gestationnel. Il s’agit de comprendre en termes de relations sociales, dans quelles situations la prise en charge proposée en maternité pour le diabète de grossesse est pensée comme difficile par les soignants et les soignés.
Dans une perspective multifocale, notre recherche concerne à la fois l’institution qu’est la maternité, les trajectoires de soin des femmes enceintes et la relation soignant-soigné.
Au sujet de la maternité, l’analyse se concentre sur l’institution en tant qu’organisation. Nous cherchons à comprendre à la fois la rationalisation de l’activité qui s’y déroule ainsi que la division du travail. Dans le suivi du diabète de grossesse, cette division est particulièrement centrale puisque cette « surveillance » fait intervenir différentes professions pourvues de différents statuts et différentes compétences.
Du côté des femmes enceintes ayant un diabète de grossesse, l’objectif est d’analyser le « travail de suivi de la maladie » [1] qu’elles élaborent et l’impact de ce travail sur l’ensemble des acteurs (soignants, soignés, familles, proches). Aussi, nous explicitons les stratégies mises en œuvre par ces femmes afin de s’approprier ce suivi dans la relation avec les soignants rencontrés.
Concernant la relation soignant-soigné, nous examinons en particulier l’implication des rapports sociaux de genre, de « race » et de classe, qui émaillent cette relation, dans l’éloignement de certaines patientes du système de soins. L’objectif est à la fois de dévoiler l’usage qui est fait de la notion « d’observance » par les soignants (quand, pourquoi et comment cela modifie la relation) mais aussi de comprendre les critères catégoriels qui permettent d’interpréter le niveau « d’observance » et de désigner les patientes qui « posent problème ».

Méthodes proposées

Cette recherche propose la contribution de méthodes qualitatives. Elle est basée, d’une part, sur l’observation régulière du fonctionnement des équipes soignantes et des interactions soignants-soignés aux différents temps du suivi du diabète gestationnel. D’autre part, elle se fonde sur des entretiens sociologiques approfondis avec des soignants de la maternité et avec des femmes enceintes considérées comme « mal suivies » pour leur diabète gestationnel, par les soignants. Un échantillon de contrôle sera constitué avec des patientes considérées comme « bien suivies ».


[1A. Strauss, La trame de la négociation, Sociologie qualitative et interactionnisme, Paris, L’harmattan, 1992, page 143-144.