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Séminaire itinérant : de la sociologie publique à la connaissance du social

SAGE (UMR 7363), Strasbourg, URMIS (UMR 8245), Nice, LABERS (UMR 6521), Brest

Séminaire itinérant : de la sociologie publique à la connaissance du social

SAGE (UMR 7363), Strasbourg, URMIS (UMR 8245), Nice, LABERS (UMR 6521), Brest

Né de la rencontre de trois chercheuses (Sylvie Monchatre – Université de Strasbourg/Sage, Pinar Selek – Université de Nice/Urmis et Annick Madec – Université de Bretagne occidentale/Labers), ce séminaire s’est donné pour objectif de mettre en commun des connaissances, des interrogations et des initiatives sur les pratiques de recherche et leur impact sociétal.

Ouvert par un questionnement critique sur la notion de « sociologie publique » proposée par Michael Burawoy, il s’est progressivement élargi vers l’ensemble des sciences sociales en questionnant la place de ces disciplines au regard des autres formes de connaissance sur le social, profanes, politiques, artistiques, etc.

Une première journée d’études, intitulée « Sociologie, terrains et société. Qu’est-ce que rendre la sociologie publique ? », a eu lieu à la Maison des sciences de l’homme de Strasbourg le 27 mai 2016 (Programme https://sage.unistra.fr/uploads/media/Journee-Sociologie-publique-27-05-2016.pdf Texte http://sociologie-narrative.lcsp.univ-paris-diderot.fr/IMG/pdf/sociologie_publique-27mai2016.pdf) et placé au centre des réflexions la question de la place des enquêtés, et plus particulièrement des effets concrets sur la recherche du respect, de la considération et de la reconnaissance qui leur sont dûs. Effets politiques, lorsque, sous un gouvernement autoritaire, chercheur et enquêtés optent pour l’action non violente. Effets de dé-publication, lorsque le chercheur renonce à publier ses résultats pour ne pas enfermer un enquêter dans son autobiographie. Effets de connaissance partagée, lorsque le chercheur et les enquêtés s’accordent pour co-produire des récits individuels à usage collectif en élargissant le cercle familial aux lecteurs anonymes.

Une seconde journée d’études, intitulée « Sociologie, terrains, société : Rendre publique la sociologie des expériences de mobilité », a eu lieu le 28 avril 2017 à l’Université de Nice, pôle Universitaire St. Jean d’Angély (Programme et Texte http://urmis.unice.fr/?Seminaire-Rendre-publique-la) et placé au centre des réflexions l’effet des discours et des représentations sur les expériences migratoires et la possibilité d’ouvrir le débat public à ceux qui en sont écartés au motif qu’ils ne disposeraient pas des connaissances suffisantes. Peuvent ainsi s’établir entre chercheurs et enquêtés : un partage de l’expérience migratoire dans le travail littéraire de l’écriture autobiographique ; une lutte solidaire contre les préjugés, les stéréotypes et la calomnie qui s’abattent sur ceux qui se risquent à apparaître dans l’espace public ; une conception de la sociologie se transformant pour devenir publique auprès de ceux qui sont en marge, qui vivent l’expérience de la fragilité, de l’exil, de la clandestinité.

Une troisième journée d’études intitulée « Sociologie publique et curiosité d’utilité publique : entre écriture scientifique et écriture artistique » (Texte en cours d’élaboration) aura lieu le 6 avril 2018 à l’Université de Brest, faculté Segalen. Il s’agira cette fois d’introduire un tiers sachant, la création artistique, pour sortir du face-à-face entre savants et profanes, en confrontant les sciences sociales à d’autres formes de connaissance du social. On se demandera ce que font et comment font les artistes, de quelles pratiques et de quelles théories émanent leurs représentations du social, quel public est visé et atteint par leurs manifestations publiques, en faisant l’hypothèse que la reconnaissance de l’existence d’une commune curiosité peut permettre, dans la création artistique comme dans les sciences sociales, d’établir l’horizontalité recherchée à la place de la verticalité qui prévaut souvent dans les publications des sciences sociales et parfois dans les performances artistiques. On reviendra également sur les conditions de partage de matériaux d’enquête, entretiens et analyses, entre chercheurs et artistes. Partage qui nourrit les arts documentaires.

Nous entendrons le témoignage d’un collectif d’universitaires turques qui a créé une université hors les murs depuis que les portes de leurs universités leur sont fermées parce qu’elles ont signé la pétition Pour la paix.

A l’issue de ces trois journées du séminaire itinérant, les contacts établis et les connaissances mises en commun donneront lieu à une publication et permettront d’envisager, en réunissant les personnes mobilisées à cette occasion, la mise en œuvre d’un projet plus ambitieux sur la place des sciences sociales dans la cité.