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Soutenance d’Élise Palomares (HDR)

Élise Palomares soutient son habilitation à diriger des recherches à l’Université de Paris Diderot-Paris 7, le vendredi 7 décembre, à 14h, salle 115, Bâtiment Olympe de Gouges, 8 rue Albert Einstein, 75013 Paris. Plan d’accès.

Composition du jury :

- Patrice Cohen, Professeur, Université de Rouen
- Stéphanie Mulot, Professeure, Université Toulouse-Jean Jaurès
- Catherine Quiminal, Professeure, Université Paris Diderot
- Anne Raulin, Professeure, Université Paris Nanterre (Rapporteure)

- Andrea Rea, Professeur, Université Libre de Bruxelles, (Rapporteur)
- Mahamet Timéra, Professeur, Université Paris Diderot (Garant)

Le dossier d’habilitation en deux volumes s’intitule :
Urbanités minoritaires. Expériences ordinaires des illégalismes dans les villes postcoloniales (Montreuil, Mamoudzou, Johannesburg).

Le mémoire présenté en vue de l’obtention d’une habilitation à diriger des recherches porte sur les urbanités minoritaires, à partir de terrains principalement menés en France (métropolitaine et ultramarine) et en Afrique du Sud. Il comprend un retour réflexif sur mon parcours de formation et de recherche dans les domaines de la sociologie et de l’anthropologie des migrations internationales, des relations ethniques et du racisme et celui de l’anthropologie urbaine. Les différents terrains menés sur les sorties nocturnes dans les villes espagnoles, l’alimentation des jeunes urbains et les migrations villageoises au Bénin ainsi que sur la production institutionnelle de catégories raciales par l’action publique locale en banlieue parisienne ont posé les jalons d’un projet de socio-anthropologie politique des situations minoritaires dans la ville.
Ce mémoire compare ensuite les situations postcoloniales contrastées des États-nations français et sudafricains sous l’angle de l’expérience ordinaire que font les migrant·e·s africain·e·s et comorien·ne·s de la « gestion différentielle des illégalismes » à Mamoudzou, chef-lieu du département français de Mayotte, et à Johannesburg, pôle économique et politique majeur d’Afrique du Sud. Ces deux villes d’Afrique australe sont en tout point dissemblables. Elles occupent néanmoins l’une et l’autre une place singulière dans un système migratoire mondialisé, en ce qu’elles constituent un espace de départ vers l’Europe autant que d’installation et de l’entre-deux. Dans les deux cas, en dépit de la diversité de leurs parcours, de leurs nationalités effectives, de la durée de leur présence, de leurs alliances et de leurs ancrages, les populations définies comme des étrangers/gères africain·e·s du continent et comorien·n·es font figure d’indésirables. Au service de cette comparaison, le prisme de la production et de la « gestion différentielle des illégalismes » dans les villes postcoloniales constitue un outil conceptuel intéressant car il permet de penser ensemble les situations de sans-papiers /sans-papières (ainsi que tous les autres statuts migratoires fragiles ou menacés au regard d’un cadre légal de plus en plus restrictif et changeant), les situations des citadin·e·s sans titre d’occupation (ou bien ayant un statut résidentiel incertain, fragile ou menacé par ses voisin·e·s ou par des projets de rénovation), ainsi que les situations des citadin·e·s qui développent des pratiques commerciales illégales (avant, pendant ou après les actions publiques de formalisation). Bien entendu, ces situations peuvent se recouper de diverses façons, à commencer par des amalgames abusifs qui servent des constructions idéologiques légitimant des pratiques violentes à l’égard des citadin·e·s concerné·e·s, sans égards pour leurs droits fondamentaux. En appui sur des recherches collectives, je mets ainsi en perspective la gestion sociale et politique de l’urgence sociale créée par les « décasages » de familles désignées comme « clandestines » par leurs voisin·e·s à Mayotte avec les politiques de formalisation des commerces de rue auxquels sont confronté·e·s des vendeurs/ses de rue étrangers/ères et autochtones dans les deux villes. En attendant d’en être chassé·e·s ou de pouvoir en partir pour rejoindre des villes du premier monde, quelles urbanités minoritaires se développent dans le quartier péricentral de Yeoville à Johannesburg ou bien sur la Place de la République à Mamoudzou ? En restituant l’expérience que font les indésirables de la « gestion différentielle des illégalismes » dans les villes, ainsi que les tactiques et les bricolages qu’ils et elles développent, mes travaux apportent ainsi une contribution originale, par le bas, à l’étude des inégalités complexes et des divisions sociales dans les villes postcoloniales.
L’ensemble de ces travaux sur les urbanités minoritaires constituent un agenda de recherches intersectionnelles sur les villes postcoloniales (y compris les anciennes métropoles coloniales) visant à penser les pratiques territoriales de transformation ou de maintien des inégalités racistes, de genre et de classe imbriquées dont je présente les pistes à venir en conclusion.

Merci à celles et ceux qui souhaiteraient assister à la soutenance en salle de visioconférence 115 du bâtiment Olympe de Gouges de bien vouloir le signaler (elise.palomares@univ-rouen.fr) afin de faciliter l’accès aux locaux.