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Soutenance de Fodie Tandjigora

Le lundi 7 décembre 2015 à 14h à l’université Paris Diderot (salle 255), Fodié Tandjigora a soutenu sa thèse de doctorat intitulée : "Formation et insertion socioprofessionnelle des diplômés maliens en France. Sociologie d’une immigration qualifiée invisible".

Composition du jury :
- Mahamet Timéra, Directeur
- Jean-Baptiste Meyer, DR, IRD rapporteur
- Stépahane Beaud, PU, Paris Ouest Nanterre, Rapporteur
- Catherine Quiminal, PU émérite, Paris Diderot
- Christophe Daum, MCF Université de Rouen

Le jury a décerné la mention très honorable.

Résumé : Ce travail vise essentiellement à décrire le parcours des diplômés maliens en France : les itinéraires, les formations suivies, l’insertion en France dans différents domaines d’activité. A travers nos enquêtes, nous voulons démontrer l’existence d’une nouvelle figure de l’immigration malienne connue jusque-là sous sa forme ouvrière. Cette thèse s’inscrit donc dans une posture de déconstruction du paradigme dominant en matière de migration subsaharienne notamment malienne. L’immigration des diplômés maliens s’inscrit également dans la problématique de l’immigration qualifiée avec le débat que cela soulève sur la fuite des cerveaux ou l’exode des compétences. Cela suppose que l’immigration des diplômés maliens n’est pas détachée du contexte global de la mondialisation. Celle-ci suppose que le recrutement s’est internalisé en dépassant les frontières nationales. Progressivement, la demande en main d’œuvre qualifiée s’est accrue dans beaucoup de pays développés mais cette demande est difficile à satisfaire sur le territoire national d’où le recours au personnel étranger qualifié. Ce recours à l’emploi étranger fait naître des grands débats dans la littérature scientifique mais aussi dans des émissions de télé et de radio. Ces débats sont essentiellement partagés entre deux principales positions : les nationalistes et les internationalistes. Pour les premiers, le recrutement des personnes qualifiées des pays en voie de développement est une forme de pillage des talents. En effet, en puisant dans l’infime partie des « élites » nationales, on risque de compromettre le développement des pays pauvres. Il s’agit d’une relation asymétrique entre pays développés et pays pauvres, par conséquent des rapports de gain et de perte. Par contre la position internationaliste est contre la dramatisation du phénomène de fuite des cerveaux. L’ampleur du phénomène serait exagéré du fait du manque de chiffres réels et que l’on s’est trop focalisé sur les pertes alors même qu’il faut y voir une stratégie de survie pour les acteurs. D’ailleurs, précise le courant internationaliste, les talents existant à l’étranger n’ont pas tous des secteurs d’insertion dans le pays d’origine. Ces pays doivent d’abord s’atteler à mettre en place les meilleures conditions de retour. C’est ce constat que nous avons fait chez les diplômés maliens dont certaines ont une formation pointue dans le domaine de la robotique industrielle par exemple. Par ailleurs, il ressort que les diplômés ne se sont pas appropriés de tous ces débats sur la fuite des cerveaux mais ils y voient surtout la quête d’une promotion sociale. Nous décrivons, dans ce travail, le processus d’insertion sur le marché du travail en France selon les secteurs d’activité.

Mots clés : Migration qualifiée, fuite des cerveaux, insertion professionnelle, déclassement professionnel