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Soutenance de Julia Roche

Julia Roche soutient sa thèse portant sur la persévérance en première année d’études supérieures en France, le mardi 7 mars 2017 à 14h à l’Université Nice Sophia Antipolis.

Composition du jury :
- Mme Catherine BLAYA : Professeure à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis (directrice de thèse)
- Mr Gérard BOUDESSEUL : Maître de Conférence HDR en Sociologie à l’Université de Caen (pré-rapporteur)
- Mme Chantal TIECHE CHRISTINAT : Professeure Haute École Pédagogique à Vaud (pré-rapporteur)
- Mme Valérie ERLICH : Maître de Conférence à l’Université de Nice-Sophia-Antipolis

Résumé :

Comme le décrochage dans l’enseignement supérieur, la persévérance est une problématique éducative très récente (Bernard, 2015). Si les études sur le décrochage dans l’enseignement secondaire se sont beaucoup développées en France depuis le début des années 1990 et sont très nombreuses Outre-Atlantique (Esterle-Hedibel, 2006), celles qui portent sur le décrochage et la persévérance dans l’enseignement supérieur en France sont plus récentes (Beaupère et al., 2007, 2009) et se font plus rares en ce qui concerne la persévérance. Notre recherche questionne d’abord le sens de la persévérance en essayant de l’adapter aux études supérieures françaises (sélectives et non sélectives du premier cycle) en nous interrogeant aussi sur la place de la réussite ou de l’échec académiques dans la persévérance (Roland et al., 2015). A partir de la définition de quatre formes de persévérance incluant comme première modalité, la persévérance institutionnelle ou la réorientation (la persévérance dite « distale », Sergeant, 2015) et en deuxième modalité, la réussite ou l’échec académique, nous avons cherché à mieux comprendre le phénomène de persévérance dans le contexte spécifique de la transition lycée – enseignement supérieur en nous appuyant sur deux éléments théoriques : le modèle de l’intégration de l’étudiant de Vincent Tinto (1997) celui de type d’études suivies de Lahire (1997). En nous appuyant sur ce cadre théorique, nous avons élaboré des guides d’entretiens semi-directifs afin d’interroger les étudiants et de répondre à notre recherche qui vise à différencier les quatre types de persévérance en fonction de facteurs de pré-admission et relatifs à l’expérience étudiante. Deux périodes ont été consacrées à la passation des entretiens auprès d’une cohorte de 47 individus : la première en fin d’année de terminale dans quatre lycées et la seconde, en fin de première année d’études supérieures. Pour nos analyses, nous avons suivi le protocole proposé par Huberman et Miles (2003) qui doit respecter les quatre critères de scientificité issus des méthodes d’analyse quantitative. Après avoir encodé nos données et effectué une analyse thématique fréquentielle, nous avons utilisé une matrice à regroupements conceptuels pour nos deux corpus d’entretiens, permettant de construire deux typologies : l’une relative au projet du lycéen, la seconde à l’expérience étudiante. Ensuite, nous avons cherché à caractériser puis à différencier les quatre formes de persévérance en utilisant le test exact de Fisher en fonction des deux typologies construites, des facteurs de pré-admission et ceux relatifs à l’expérience étudiante. Nous avons également comparé les facteurs associés à la réussite académique et ceux associés à la persévérance institutionnelle. Les résultats montrent que les facteurs de pré-admission tels que le rapport personnel à l’institution scolaire, les représentations de l’enseignement supérieur ainsi que le soutien des parents permettent de différencier significativement les quatre formes de persévérance. A l’exception de l’investissement académique (assiduité et quantité de travail personnel fourni), toutes les variables relatives à l’expérience étudiante (y compris la typologie de l’expérience étudiante que nous avons construite) et au type d’études suivies sont liées significativement aux quatre formes de persévérance. Toutefois, la réussite académique et la persévérance institutionnelle semblent relever de deux mécanismes différents car elles ne sont pas toujours liées aux mêmes variables. Nos résultats montrent que dans notre recherche, le modèle théorique de Tinto (1997) permet de mieux comprendre la réussite académique que la persévérance institutionnelle, ce qui montre ses limites notamment celle d’une insuffisance de prise en compte des variables motivationnelles et psychologiques (Neuville et al., 2013). Notre étude confirme cependant qu’il est nécessaire d’appréhender la persévérance comme un phénomène complexe et multifactoriel en ouvrant des perspectives de recherche privilégiant une approche intégrative et multidisciplinaire de ce phénomène.

Mot-clés : persévérance, décrochage, transition lycée – études supérieures, Tinto, type d’études, soutien social

Abstract :

Dropping out and perseverance in higher education are very recent educational problems (Bernard, 2015). If the studies on dropping out of secondary education were much developed in France since the early 1990s and are very numerous on the other side of the Atlantic (Esterle- Hedibel, 2006), those which relate to drop out and perseverance in higher education in France are more recent (Beaupère et al., 2007 ; 2009) and are even more scarce when regarding perseverance. Our research first sets out to question the meaning of perseverance while trying to adapt it to the French higher education system (selective and non-selective first cycle higher education) by also questioning the role of academic success or in perseverance (Roland et al., 2015). From the definition of four forms of perseverance including as first modality, institutional perseverance or career re-orientation (perseverance known as “distal”, Sergeant, 2015) and as second modality, academic achievement or its opposite, academic underachievement, we try to better understand the phenomenon of perseverance in the specific context of the transition from high school to higher education. In that prospect, our work is based on two theoretical approaches : the model of the integration of the student of Vincent Tinto (1997) and the type of studies defined by Lahire (1997). From this theoretical framework, we designed guides for semi-directive interviews in order to have a view of the students’ experience and representations and to check on the existence of the four types of perseverance, according to the pre-admission factors and those relating to the student’s experience. Interviews of 47 individuals were completed during two periods of time : the first one at the end of the final year in four high schools and the second, at the end of the first year of higher education. To complete our analyses, we followed the protocol suggested by Huberman and Miles (2003), which should respect the four criteria of quantitative scientificity resulting from the methods of quantitative analysis. After having encoded our data and having done a frequential thematic analysis, we used a matrix with conceptual regroupings for our two sets of interviews. From this data analysis, we built a first typology relating to the definition of the career and professional projects choosen by the high-school pupils and another one from the students’ experience as freshmen to explain institutional or distal perseverance in higher education. Then, we sought to characterize and to differentiate the various forms of perseverance by using the exact test of Fisher (t test), from the two typologies that we introduced before (project and student’s experience), the pre-admission factors and those relating to the students’experience. We also compared the factors associated with the academic achievement and those associated with institutional perseverance. Institutional perseverance means that students carry on in the same academic career after their first year in higher education. Findings show that the preadmission factors such as the institutional attachtment to highschool, the representations about higher education as well as the support from the parents significantly differentiate the four forms of perseverance. Except for the academic engagement (assiduity and amount of personal work provided), all the variables related to the students’ experience (including the typology of the student’s experience) and to the type of studies are significantly related to the four forms of perseverance. However, the academic success and institutional perseverance seem to relate to two different mechanisms because they are not always related to the same variables. Our results show that in our research, the model of Tinto (1997) is more related to the academic achievement than to institutional perseverance, which shows its limits. Especially because it does not sufficiently take into account the motivational and psychological variables (Neuville et al., 2013). Our survey confirms however that it is necessary to approach perseverance like a complex and multi-factorial phenomenon and opens prospects for future research that would privilege an inclusive and multidisciplinary approach.

Keywords : persistence, drop-out, transition highschool-higher education, Tinto, type of studies, social support

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