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Soutenance de Pauline Picot

Soutenance de Pauline Picot

Pauline Picot soutient sa thèse de doctorat de sociologie le vendredi 15 mars à 14h à l’université Paris-Diderot, bât. Olympe de Gouges, salle 576, 8 place Paul Ricoeur 75013 Paris. Plan d’accès

Titre : « L’heure de nous-mêmes a sonné ». Mobilisations antiracistes et rapports sociaux en Ile-de-France (2005-2018)

Composition du jury :

  • Présidente du jury : BESSONE, Magali. Professeure des universités, Université Paris-1
  • Rapportrice : SIMONET, Maud. Directrice de recherches CNRS/Université Paris-Nanterre Rapporteur : HAYES, Graeme. Reader, Aston University, Birmingham
  • Examinatrice : STREIFF-FENART, Jocelyne. Directrice de recherches émérite CNRS/Université de Nice Examinateur : HAJJAT, Abdellali. Maître de conférences, Université Paris-Nanterre
  • Directeur de thèse : POIRET, Christian. Maître de conférences HDR, Université Paris-Diderot
  • Résumé :

Cette thèse repose sur une enquête ethnographique menée entre 2013 et 2017 par observation (à des degrés de participation divers) et par entretiens, et sur une analyse de corpus. Elle vise à saisir l’activité militante concrète de plusieurs collectifs antiracistes franciliens : la Brigade anti-négrophobie, le Conseil représentatif des associations noires, le Parti des Indigènes de la République, le réseau Reprenons l’initiative contre les politiques de racialisation et le comité d’organisation des Journées contre l’islamophobie.
Croisant sociologie de l’action collective, des relations interethniques et des rapports sociaux, la thèse déroule le fil de l’analyse du travail militant au sein de ces collectifs. Il s’agit, d’un côté, d’expliquer ces mobilisations au regard des conditions sociales de leur apparition – le contexte politique, l’état du champ militant antiraciste – et leur conjonction avec les trajectoires des militant.e.s ; et d’un autre côté, de se pencher sur ce que l’action collective produit pour ceux et celles qui y participent.
On verra ainsi comment les mobilisations antiracistes déclenchées à partir du milieu des années 2000, du fait de militantes et de militants français héritiers de l’immigration (post) coloniale, participent d’une lutte pour l’hégémonie sur la définition du racisme en France : l’action collective contribue à produire des intellectuel.le.s, qui produisent de la théorie sur le social. Les formes de travail militant observées et analysées (intellectuel/domestique/émotionnel, visible/invisible) permettent d’interroger les façons dont s’actualisent les rapports de classe, de race et de sexe dans et par l’activité militante. Enfin, ces mobilisations ouvrent la perspective de la constitution des catégories minorisées dans les rapports sociaux de race en groupes sociaux « pour soi », politiquement représentés, c’est-à-dire la possibilité de formes de communalisation minoritaire.