Accueil > À la une > Soutenances de thèses et HDR

Soutenance de Prune De Montvalon

Prune De Montvalon a soutenu sa thèse de doctorat réalisée sous la direction d’Alain Morice le mardi 26 juin à l’Université Paris Diderot,
Bâtiment Olympe de Gouge, Salle 870
8 place Paul Ricoeur,
75013 Paris (plan d’accès)

Titre : "Les prostituées et leurs passeurs à l’épreuve des frontières : Négociations autour du passage vers le statut de victime."

Composition du Jury :

  • M. Fassin, Éric, Professeur des universités, Université Paris 8 (Rapporteur)
  • M. Mathieu, Lilian, Directeur de recherche, CNRS (Rapporteur)
  • Mme Streiff-Fénart, Jocelyne, Directrice de recherche, CNRS
  • Mme Deschamps, Catherine, Maitresse de conférence, ENS d’Architecture de Paris Val-de-Seine
  • M. Morice, Alain, Directeur de recherche, CNRS (Directeur de thèse)

Résumé :

Fondée sur une enquête ethnographique au sein de deux associations et auprès de prostituées étrangères, cette thèse analyse la façon dont les prostituées étrangères franchissent des frontières géographiques, administratives et sociales. Ces passages sont saisis à travers les négociations qui interviennent entre elles et ceux qui leur permettent de passer vers un statut jugé stable et légitime en France. Afin de comparer les moments de passage, sont ici considéré-e-s comme « passeur-e-s » non seulement celles et ceux qui facilitent le trajet vers la France, mais aussi celles et ceux qui aident ces prostituées à accéder au statut de victime. Le détournement du mot « passeur » permet d’interroger d’une part le cadre normatif dans lequel les migrations de ces femmes sont appréhendées, notamment la partition entre légal et illégal, et de l’autre la nature des frontières qui leur faut traverser. Si les contours des passages géographiques sont clairement définis sur une carte, ceux qu’impliquent les passages administratifs et sociaux le sont beaucoup moins. Étudier le couple passeur-e/passant-e permet ainsi d’appréhender l’épaisseur de cette frontière. Le constat fait dans cette thèse est que cette épaisseur se mesure non seulement à l’ampleur des efforts déployés pour filtrer les entrées aux frontières externes et internes, mais aussi à la possibilité qu’ont les étranger-ère-s de négocier les conditions de ces passages.