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Soutenance de Rosane Braud

Rosane Braud a soutenu sa thèse, dirigée par Mahamet Timéra, et intitulée : « Construction d’une catégorie de « migrants » dans les actions de lutte contre les inégalités face au diabète en France – Analyse des configurations contemporaines des rapports sociaux inégalitaires ».

La soutenance a eu lieu le vendredi 22 septembre 2017 à 14h, à l’Université Paris Diderot, Bâtiment Sophie Germain, salle 1.001.

Composition du jury :
- Patrick CINGOLANI, Professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot (Paris 7),
- Laurence KOTOBI, Maitre de conférences (HDR) en anthropologie à l’Université de Bordeaux, rapporteure,
- Mahamet TIMERA, Professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot (Paris 7), directeur de thèse,
- Jérôme VALLUY, Maitre de conférences (HDR) en science politique à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), rapporteur,
- Anne VEGA, Chercheure (HDR) associée au laboratoire Sophiapol, Université de Nanterre,
- Dominique VIDAL, Professeur de sociologie à l’Université Paris Diderot (Paris 7).

Résumé :

Cette recherche interroge l’émergence, les usages et les enjeux du recours à une catégorie de « migrants » dans les politiques françaises et actions de lutte contre les inégalités sociales face au diabète de type 2. La sociohistoire de l’émergence de la question du diabète des « migrants » réalisée, montre comment la littérature épidémiologique peut, en pointant des facteurs de risques différents selon les groupes sociaux, participer à la construction de catégories de patients. L’analyse critique menée souligne l’amalgame entre groupes ethniques, groupes raciaux et groupes génétiquement homogènes, à l’origine du récit différentialiste des causes du diabète. Récit, aujourd’hui mobilisé par les autorités publiques pour organiser une distribution ciblée des soins préventifs du diabète et de ses complications sur cette catégorie. Au cœur des interactions soignants-soignés, l’analyse des pratiques de soin (et en particulier de l’éducation thérapeutique), souligne que les traitements différenciés qui y ont cours n’ont pas toujours les effets escomptés sur la situation des soignés. La lecture culturaliste faisant des comportements des soignés la principale cause des écarts de santé, occulte les inégalités sociales et économiques préexistantes, et participe à les renforcer. Quadrillées par les directives de santé publique, l’analyse des marges de manœuvre des soignants et des soignés, permet de mettre en évidence que ces politiques visent moins à agir sur les déterminants sociaux des inégalités de santé qu’à enjoindre les acteurs sociaux à atteindre l’égalité en adoptant les comportements des groupes sociaux majoritaires.

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