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Soutenance de thèse d’Asuncion Fresnoza-Flot

Le mercredi 17 septembre 2008 à l’université Paris Diderot Paris 7, Asuncion Fresnoza-Flot a a soutenu sa thèse de sociologie, intitulée "Migration, genre et famille transnationale : l’exemple des mères migrantes philippines en France".

Le jury lui a décerné la mention Très honorable, avec félicitations.

Le jury est composé de :

- Alain CHENU, Institut d’Etudes Politiques de Paris (Rapporteur)
- Eleonore KOFMAN, Middlesex University, Royaume-Uni (Examinateur)
- Armelle LE BRAS-CHOPARD, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Rapporteur)
- Françoise LESTAGE, Université Paris Diderot - Paris 7 (Présidente)
- Esteban MAGANNON, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (Examinateur)
- Maryse TRIPIER, Université Paris Diderot - Paris 7 (Directeur de thèse)

Résumé de la thèse :

Cette thèse se penche sur les causes de l’immigration en France des mères philippines, ainsi que sur les conséquences de leur départ sur la dynamique familiale, les relations interpersonnelles et la structure du pouvoir au sein de la famille. Un travail de terrain a été réalisé en France et aux Philippines, centré sur des entretiens avec les mères migrantes et avec les membres de leurs familles restées au pays.

L’analyse montre que la logique de départ des mères philippines s’inscrit dans le but d’accomplir une « bonne maternité ». Migrer transforme ces femmes en soutiens principaux, voire uniques de leur famille. Elles se trouvent dans une situation de justification continuelle de leur absence dans leur foyer et recourent à des stratégies variées de maternage transnational. Leur migration renforce leur maternité : pour celles qui sont en situation régulière, l’argent gagné en France leur permet d’accomplir leurs obligations familiales et leur statut leur permet de retourner régulièrement aux Philippines visiter leur famille. Dans le cas des femmes en situation irrégulière, c’est l’accent mis sur leur longue absence physique ininterrompue de leur foyer, perçue comme un immense sacrifice par leurs enfants et par l’ensemble de la société, qui leur permet d’endosser une image de « bonne mère ».

Le départ de la mère suscite un bouleversement progressif et une réorganisation matérielle, spatiale et mentale. Il engendre une reconfiguration des rapports de pouvoir et du rôle genré dans la famille, restructurant progressivement le fonctionnement global de la famille. Malgré la distance ressentie par chaque membre de la famille, tous s’efforcent de préserver son unité et son image sociale. Ainsi, la famille existe toujours dans l’esprit, dans la mémoire, dans les souvenirs du passé et dans l’imagination de chacun – toutes choses indispensables au fonctionnement d’une famille transnationale entre nucléaire et étendue.