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Soutenance de thèse de Jean-Baptiste Leclercq

Le vendredi 30 novembre 2007 à l’université Paris 7 Diderot, Jean-Baptiste Leclercq a soutenu sa thèse intitulée : « L’insertion continue : reconfiguration de l’Etat social et discriminations en quartier stigmatisé. Une enquête de terrain dans la Zona Norte de Grenade », réalisée sous la direction d’Alain Morice.

Les membres du jury étaient : Mme Isabelle Astier, Mme Véronique de Rudder, Mme Françoise Lorcerie, M. Alain. Morice, M. Numa Murard et M. Serge Paugam.

Résumé :

Ce travail de thèse s’intéresse à la reconfiguration de l’Etat social et aux discriminations. Celles-ci sont analysées du point de vue de leur traitement et de leur (re)production dans des politiques d’emploi, de formation et d’insertion.

Cette recherche qualitative a été menée dans la Zona Norte de Grenade (Espagne, Andalousie), stigmatisé comme un quartier pauvre, marginal et/ou gitan. Ma problématique est de saisir comment ces politiques (re)produisent certaines inégalités et discriminations alors qu’elles sont censées les corriger. Je me suis penché sur l’articulation des discours et des pratiques institutionnels qui montrent une ethnicisation des rapports sociaux. Ce processus est étudié au regard de la reconfiguration de l’Etat social espagnol : décentralisation, externalisation des politiques au secteur associatif et activation de la protection sociale.

Je m’intéresse à la construction institutionnelle des « publics cibles » de ces politiques considérées alternativement comme des « actions positives », une forme de « discrimination positive » ou un moyen de « lutter contre l’exclusion ». Définis au niveau européens, ces « publics cibles » sont redéfinis localement dans les pratiques de sélection et de gestion des programmes. Les chômeurs du quartier se reportent sur ces offres en réponse aux phénomènes discriminatoires et aux contraintes des services de l’emploi dans le cadre de l’activation de la protection sociale. Les ateliers et chantiers d’insertion révèlent également des contradictions entre les rapports de formation et de production. L’analyse des logiques d’insertion met en évidence des pratiques de négociation de la part des intermédiaires de l’emploi face aux discriminations à l’embauche. Cependant, les évaluations au niveau des dispositifs d’insertion, la construction des « profils professionnels » des usagers et les contraintes institutionnelles font que dans les activités de placement se produisent des discriminations systémiques.

Mots clés : Etat social ­– discriminations – politiques d’emploi – formation – insertion continue – activation de la protection sociale – secteur associatif – décentralisation – Europe – Espagne – gitans – minorités – publics cibles