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Soutenance de thèse de Mlle Priscille Sauvegrain

Le vendredi 2 Juillet 2010 à l’université Paris VII, Priscille Sauvegrain a soutenu sa thèse intitulée :
Différence de traitement et traitements différentiels.
Les trajectoires de soins des femmes "Africaines" en maternité publique
, réalisée sous la direction de Catherine Quiminal et de Véronique De Rudder, et sous la guidance de Marguerite Cognet.

Le jury lui a décerné la mention Très honorable, avec félicitations.

Composition du jury :

- Danièle Carricaburu, professeure de sociologie à l’université de Rouen,
- Geneviève Cresson, professeure de siociologie à l’université de Lille 1, rapporteure,
- Véronique De Rudder, chargée de recherche au CNRS, co-directrice,
- Marc Dommergues, professeur de médecine à l’univeristé Paris VI et chef de service hospitalier
- Françoise Lorcerie, directrice de recherche au CNRS, rapporteure
- Catherine Quiminal, professeure émérite de sociologie à l’université Paris VII, directrice.

Résumé de la thèse :

Cette recherche doctorale analyse les processus de catégorisation de leurs patientes par des soignants exerçant dans des maternités publiques en Ile de France, sur des critères ethno-racialisants. Si ces critères ne sont pas les seuls repérés par les soignants, la recherche montre néanmoins, en s’intéressant plus spécifiquement aux femmes catégorisées comme « Africaines », que ces processus ne sont pas neutres sur les trajectoires de soins des femmes. La recherche combine les méthodes qualitatives : entretiens avec des soignants de toutes les professions exerçant dans les maternités, entretiens avec des femmes et phases d’observation participante, et une étude quantitative réalisée à partir des données médicales colligées dans 2200 dossiers de femmes ayant accouché dans une maternité francilienne en 2006.

Plusieurs angles d’approche sont proposés pour tenter de cerner au mieux l’impact de ce type de catégorisation : les éléments qui s’avèrent constitutifs de l’altérité sont analysés, confrontés au point de vue des femmes, et les limites de la catégorie, qui s’est avérée poreuse en fonction de certains critères socio-économiques ou de la couleur « noire » de peau des femmes notamment, sont tracées. Ensuite, les éventuelles discriminations dans l’accès aux soins ou dans les soins dont ces femmes peuvent faire l’objet, les inégalités sociales de santé et les traitements différentiels qui leur sont proposés, qui peuvent venir minorer ou majorer ces inégalités, sont analysées. Il est aussi apparu que la catégorisation préalable des patientes leur confère des marges de négociation spécifiques et dont les effets, positifs mais aussi pervers, sont décrits. Enfin, la recherche montre comment la construction d’une figure de la « mère africaine » qui vient se nouer dans les représentations actuelles sur la place des femmes dans les soins aux tout-petits et les appartenances sociales, participe à la reproduction , en France, d’un ordre social « genré » et « racialisé » inégalitaire.

Les différentes facettes ici éclairées ne relèvent pas a priori de l’intentionnalité des agents sociaux, la recherche souligne à plusieurs reprises combien l’analyse sociologique permet de déconstruire des stéréotypes ou des idéologies médicales incorporés qui se traduisent par des comportements routiniers dans les soins.